
Voici, succintement, quelques précision sur la conception de la musique dans la culture Indienne :

Ecoutez un Raga en lisant cet article :
Tout d'abord, l'octave est divisée en sept notes; do,re,mi,fa,sol,la,si sont donc :
SA RE GA MA PA DHA NI
Comme dans l'échelle occidentale des subdivisions entrainent l'apparition de notes supplémentaires utilisables par le musicien ( ce sont les touches noires du piano par exemple ). L'ensemble des notes jouables par le musicien ( touches noires et blanches du piano ) sont les swaras. Il s'agit de :
SA RE RE GA GA MA MA' PA DHA DHA NI NI SA
Les notes soulignées indiquent un bémol (diminution d'un demi-ton environ) et le MA' indique un dièse ( élévation d'un demi-ton ).
Antiquement, il existait des divisions plus nombreuses de l'octave qui servent encore aujourd'hui de référence à l'étude de la microtonalité :
L'octave divisée en 22 Shrutis
En fait, les musiciens utilisent, comme dans la musique occidentale différents modes ( thaat ).
Dans la musique d'Inde du Nord il y a dix thaat ( modes ) qui sont nommés ainsi :
Bhairava : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Asavari : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Khammaj : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Todi : SA RE GA MA' PA DHA NI SA
Kafi : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Bilaval : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Kalyan : SA RE GA MA' PA DHA NI SA
Pooravi : SA RE GA MA' PA DHA NI SA
Marava : SA RE GA MA' PA DHA NI SA
Bhairavi : SA RE GA MA PA DHA NI SA
Pour continuer le parallèle avec la musique occidentale, on pourrait dire qu'un raga composé sur le thaat Bilaval correspond à un thème joué en mode majeur.
Remarquons au passage que la musique indienne connait dix modes alors que la musique classique occidentale n'a principalement utilisé que les modes majeur et mineur. Le jazz et la musique contemporaine ont redécouvert l'emploi des autres modes.
Il est important de préciser que dans cette conception de la musique, les notes n'ont pas de "hauteur précise"
C'est le musicien qui choisi la valeur du "SA" à l'éxécution d'un raga (i.e : le Sa peut être un Do ou un Ré# ou Sol...)
La où nous décidons que le La=440Hz, un musicien Indien choisi plus selon des critères subjectif en fonction du tempérament qu'il souhaite exprimer.
Pour aller un peu plus loin, précisons que l'écart entre les "swaras" (demi-tons) n'est pas toujours le même selon que le "charactère" ou l'humeur que l'on veut donner à l'exécution d'un raga.
C'est cette idée d'osciller "autour" des notes justes qui donne à la musique Indienne toute sa profondeur...
Les talas sont les différents rythmes possibles dans la musique indienne. Il y en a à 3 temps jusqu'à 108 temps ! Mais des talas différents peuvent avoir le même nombre de temps, selon la manière dont ces temps sont décomposés, selon le temps qui sera appuyé, etc... Les plus courants sont les suivants :
Dadra, cycle rythmique à 6 temps : 3-3
Rupak, cycle rythmique à 7 temps : 3-2-2
Jhaptal, cycle rythmique à 10 temps : 2-3-2-3
Ektal, cycle rythmique à 12 temps
Adha-Chautal, cycle rythmique à 14 temps : 2-4-4-4
Teen-Tal, cycle rythmique à 16 temps : 4-4-4-4
"Raga" peut être traduit par "composition" ou "thème".
Un Raga se défini par un nombre de choses bien précises :
-Le Thaat (mode utilisé)
-Le Tala (cycle rythmique utilisé)
sont les deux principaux éléments.
-"Aroha" et "Avaroha" constituent les parties ascendante et descendante de la mélodie.
L'idée principale est de prendre le temps;
Pour que la mélodie s'installe, puis le rythme et enfin accélérer progressivement jusqu'à une résolution finale qui arrive comme une libération.
Les phases sont :
L'Alap : Ony introduit la mélodie, l'oreille s'habitue peu à peu au mode (thaat) exécuté. Elle s'exécute sans percussions. Durant cette partie, le musicien "éveille" la tonique, l'alap est une introduction lente et cruciale sur laquelle se reposera tout le reste.
Jod : Ici est introduite une pulsation rythmique de base. Le rythme s'accélère progressivement. Les ornementations se font de plus en plus savantes.
Jhala : C'est le mouvement final de l'élaboration du raga. Les mouvements rythmiques sont très rapides.
Tihaï : Aboutissant au climax final et à sa dissolution, en général brutale.
Sources : http://musique.indienne.free.fr/